Arboristes Mag - Numéro 5
Chris Coates, un œil dans chaque viseur : arbalète et appareil photo à la fois ! Crédit photo : Chris COATES Pour permettre le passage de l’arbalète peu maniable à travers les branches basses, nous avons dû marquer des pauses et com- muniquer par radio afin de rediriger le fil. Une fois les obstacles dépassés, Chris a pu continuer de tirer l’arbalète jusqu’à lui. Nous ne savions pas vraiment si la voie choisie permettrait à l’arbalète d’atteindre Chris, mais le doute a laissé place au soulagement lorsqu’elle a bien fini par rejoindre la cime de l’arbre. Le tir d’un arbre à l’autre n’a pu s’effectuer que tard dans la jour- née. C'était nécessaire pour installer la corde tendue connectant les deux Séquoias. Nous avions déjà passé beaucoup de temps à randonner jusqu’à notre destination puis à tirer à l’arbalète pour permettre aux grimpeurs d’accéder aux deux arbres, éloignés de plus de 50 mètres l’un de l’autre. Heureusement, l’équipe a pu faire appel à son expérience en chasse à l’arc et en pêche pour appréhender le matériel d'installation de la corde. Puis, nous nous sommes demandé si un grimpeur debout à l’ex- trémité d'une branche aurait suffisamment de recul pour tirer la corde de l’arc. En général, cette étape s’effectue avec un étrier fermement pressé au sol pour gagner en stabilité. Il faut énor- mément de force pour activer le mécanisme de détente d’une arbalète, disposant d'une résistance de près de 70 kg. Aucun tir n’ayant été effectué avec l’arbalète avant ce jour, le mécanisme était particulièrement raide. Lorsque nous étions enfin ferme- ment installés et bien chargés, la nuit avait commencé à tomber. Nous n’aurions pas eu le temps d’envoyer une flèche de rechange pour rectifier un mauvais tir. Peu importe le matériel que l’on tire au bout d’une corde suspen- due à 70 mètres du sol, le processus est long et éreintant. Les grimpeurs placés dans l’arbre voisin pouvaient voir leurs compa- gnons et leur parler aisément. Mais au sol, le ruisseau qui s’écou- lait bruyamment près des arbres rendait difficile toute tentative d’entendre ce qui se passait en hauteur. Avec son téléphone, Chris a pris une superbe photo de l’arc visant sa cible, quelques instants avant le tir. L e moment phare de l’excursion à Yosemite fut sans conteste le moment où Chris a traîné son arbalète dans l’un de deux Séquoias géants grandissant côte à côte. À 70 mètres du sol, il n’avait aucune visibilité sur les branches du dessous pour contrô- ler le chemin de la corde qui maintenait l’arbalète. La flèche tournée à angle droit n’a, par ailleurs, pas facilité le travail de Chris... YOSEMITE FRISSONS DANS LES CIMES Ascension 53 H I VER 2022 5
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